Résilience climatique · Par l’équipe UpyaChat · · 8 min de lecture
El Niño 2026 : 8 choses à faire dès maintenant pour protéger votre exploitation
El Niño se renforce en 2026 et peut entraîner, selon les régions, des températures plus élevées, un déficit de pluie, une saison des pluies irrégulière ou des épisodes de pluies intenses. Ces huit mesures aident à se préparer avant que le risque ne devienne une crise.
1. Commencez par savoir ce qu’El Niño pourrait provoquer chez vous
El Niño ne signifie pas automatiquement sécheresse. Dans certaines régions, il augmente le risque de déficit de pluie. Dans d’autres, il peut favoriser les pluies abondantes. Ailleurs, le principal problème sera peut-être une saison des pluies tardive, mal répartie ou inhabituellement courte.
Avant de modifier votre itinéraire technique, consultez les prévisions concernant votre région et votre saison de culture. Prenez vos décisions en fonction de ce qu’El Niño devrait provoquer chez vous, pas seulement parce qu’il arrive.
- Devons-nous nous attendre à une saison plus sèche, plus chaude ou plus humide ?
- La saison des pluies risque-t-elle de commencer plus tard ou d’être plus irrégulière ?
- Quelles sont les phases de la culture et les périodes présentant le plus de risques ?
2. Sécurisez votre eau avant d’en manquer
Si des conditions plus sèches sont probables, faites dès maintenant un bilan simple de l’eau. Estimez la quantité que vous pouvez réellement mobiliser pendant la prochaine campagne et comparez-la aux besoins des cultures prévues.
Ne planifiez pas une surface irriguée plus importante que celle que vos réserves peuvent raisonnablement alimenter. Si l’eau risque d’être limitée, adapter la surface ou les cultures avant le semis est plus sûr que de découvrir le manque au milieu de la saison.
- Vérifiez les puits, forages, bassins et réservoirs.
- Inspectez les canaux, pompes, conduites et éventuelles fuites.
- Estimez votre capacité à collecter et stocker l’eau de pluie.
- Comparez les besoins en eau prévus avec une ressource fiable, pas avec le meilleur scénario.
3. Préparez votre sol à conserver chaque millimètre de pluie
Lors d’une année sèche, recevoir de la pluie ne suffit pas. Il faut que l’eau entre dans le sol et reste disponible dans la zone racinaire. La couverture et une bonne structure du sol réduisent l’évaporation, le ruissellement et l’érosion.
Un sol couvert et bien structuré agit comme un réservoir. L’objectif n’est pas seulement de recevoir de l’eau, mais d’en perdre le moins possible.
- Conservez les résidus de culture adaptés à la surface.
- Utilisez du paillage et évitez de laisser inutilement le sol nu.
- Améliorez l’infiltration et limitez le ruissellement et l’érosion.
- Évitez les passages et travaux du sol inutiles qui peuvent le dessécher ou le compacter.
4. Réfléchissez maintenant à vos dates de semis
Une saison des pluies irrégulière augmente le risque de faux départ. Une première pluie peut déclencher la germination puis être suivie d’une longue période sèche. Avant de semer, ne regardez donc pas uniquement la dernière pluie tombée.
Lorsque l’incertitude est forte, il peut être pertinent d’étaler les semis et l’engagement des surfaces au lieu de tout engager en même temps, si cela reste compatible avec votre système.
- Vérifiez l’humidité du sol, pas seulement les cumuls de pluie.
- Examinez les pluies des jours précédents et les prévisions des jours suivants.
- Tenez compte des besoins en eau de la culture au moment de la levée.
- Évitez d’engager toutes vos semences et toute votre surface avant un démarrage vraiment fiable.
5. Sécurisez vos semences et préparez un plan B
Demandez-vous dès maintenant ce que vous ferez si le premier semis échoue. Conserver une petite réserve de semences peut éviter qu’un mauvais début de saison des pluies ne compromette toute la campagne.
L’objectif n’est pas nécessairement de changer votre système de production. Il s’agit de garder plusieurs options ouvertes tant que la saison reste incertaine.
- Conservez une réserve réaliste de semences pour un ressemis.
- Envisagez des variétés à cycle plus court lorsqu’elles sont adaptées.
- Recherchez des variétés tolérantes au stress hydrique ou aux températures élevées.
- Identifiez une culture qui pourrait être semée plus tard si la première fenêtre est manquée.
- Réduisez si nécessaire la surface d’une culture particulièrement exigeante en eau.
6. Si de fortes pluies sont possibles, préparez l’évacuation de l’eau
Dans certaines régions, El Niño peut augmenter le risque de pluies très abondantes. N’attendez pas la première inondation pour vérifier que l’eau peut quitter la parcelle sans danger.
L’objectif est simple : permettre à l’eau excédentaire de s’évacuer sans emporter le sol, les semences, les intrants ou les stocks d’aliments.
- Nettoyez les drains et fossés et dégagez les sorties d’eau.
- Identifiez les zones basses et les endroits vulnérables à l’érosion.
- Vérifiez les buses, passages et chemins d’écoulement avant la saison.
- Protégez les zones sensibles et prévoyez une voie de débordement sûre.
- Stockez semences, engrais et aliments du bétail au-dessus des niveaux d’inondation possibles.
7. Préparez aussi votre élevage
Les effets d’une sécheresse sur l’élevage commencent souvent avant que les animaux montrent une faiblesse visible. Avant la période à risque, estimez le nombre de jours de fourrage et d’eau que vous pouvez garantir et identifiez les animaux les plus vulnérables.
Si les réserves sont insuffisantes, les solutions sont beaucoup plus faciles à mettre en place aujourd’hui qu’au milieu d’une pénurie.
- Constituez ou sécurisez des stocks de fourrage et d’aliments.
- Conservez les résidus de récolte adaptés à l’alimentation animale.
- Vérifiez les points d’eau et prévoyez des sources alternatives.
- Aménagez des zones d’ombre et protégez les animaux du stress thermique.
- Préparez un plan spécifique pour les jeunes, les femelles gestantes ou allaitantes et les animaux fragiles.
8. Gardez une marge financière
Une campagne climatique incertaine est aussi un risque économique. Lorsque c’est possible, évitez d’engager dès le début toutes vos ressources dans des dépenses qui supposent des rendements maximums.
Votre objectif n’est pas seulement de protéger le rendement. Il est aussi de préserver la continuité de l’exploitation lorsque la saison exige une réponse imprévue.
- Gardez de la trésorerie pour un ressemis.
- Prévoyez une irrigation supplémentaire ou des réparations.
- Anticipez l’achat de fourrage si les pâtures ou les résidus échouent.
- Conservez une marge pour une intervention contre une maladie ou un ravageur si les conditions changent.
- Réservez des fonds pour adapter les dates de semis ou de récolte.
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